A MEDITER !

Trois tueurs ont assassiné douze personnes, douze représentants de la liberté, de la démocratie.

Trois personnes, dont deux frères… On les dit de même profil que Mohammed Merah. Ce qui signifie une enfance violentée et en déshérence, sans que personne ne se préoccupe de les écouter, de les regarder, de les prendre vraiment en considération.

Nous sommes tous responsables de la tuerie, parce que nous avons collectivement laissé ces trois hommes devenir ce qu’ils sont devenus. Aujourd’hui en France, trop de jeunes sans repères, rejetés, sont exposés au prosélytisme de l’extrémisme islamique. Devenir kamikaze leur ouvre une possibilité de se sentir utiles, puissants, signifiants… Ne pourrions-nous faire en sorte que les citoyens trouvent autrement un sens à leur vie ?

Ces jeunes sont abreuvés par internet de discours fondamentalistes, ils y trouvent une issue à leur haine. Une haine construite par la violence subie dans l’enfance et alimentée par les extrêmistes (lire le livre du frère de Mohamed Merah).

Si de plus en plus de jeunes se tournent vers le djihad, c’est que les deux besoins fondamentaux des humains, attachement et pouvoir personnel ne sont pas nourris, ils ne se sentent pas appartenir et se sentent sans pouvoir.


Depuis quelques années, notre liberté et notre démocratie sont de plus en plus illusoires. La pauvreté augmente, le chômage, ce qui permet de modifier peu à peu les libertés et les lois pour que les très riches obtiennent du travail toujours moins cher et puissent s’enrichir toujours davantage.

Le monde semble désormais gouverné par la finance. Tant que nous ne changerons pas de direction, nous nous exposons à de plus en plus de sursauts de haine, de vengeance. Nous faisons le lit du terrorisme en continuant les politiques d’austérité, en continuant de servir les banques et les ultra-riches.

En continuant de servir le monde de l’argent plutôt que le monde de l’humain. La tentation peut être de répondre au terrorisme par la violence, par le tout sécuritaire. Si c'est la voie sur laquelle nous nous engageons, les commanditaires de ces pauvres diables auraient gagné. Car, s'il est utile d'interpeller les assassins, ils ne sont que des marionnettes.

Les marionnettistes ? A qui profite le crime ? Interrogeons-nous. Les caricatures des dessinateurs ne sont que les déclencheurs, pas les causes de l’attaque. N’oublions pas les collusions financières entre les grands groupes financiers et les groupes terroristes…
Le monde est complexe, évitons de réagir de manière simpliste. Ne cédons pas à la peur et évitons les colères faciles auxquelles nous invitent les commanditaires de cet acte ignoble, prenons le temps de lire, analyser, comprendre, réfléchir pour que notre colère soit correctement dirigée.

Isabelle Filliozat

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