Le formatage de la société est un massacre pour l’être humain par Bertrand Scaramal

Depuis notre plus tendre enfance nous apprenons que la vie consiste à accumuler des biens et des connaissances sans jamais remettre en question la valeur intrinsèque de ces biens et connaissances et leurs répercussions sur le monde.

Depuis notre plus tendre enfance nous suivons les voies toutes tracées de la société sans même imaginer qu’ils puissent en exister de plus véritables. Souvent nous n’imaginons pas même pouvoir remettre en question notre éducation et la personnalité qu’elle a façonnée.

Formaté et peu enclin à la pensée critique et personnelle, nous avançons ainsi durant des années dans l’illusion du confort matériel duquel devrait jaillir le bonheur et la sécurité.

Puis arrive l’heure de « l’éveil » et la prise de conscience qu’au-dessus de notre tête se trouve l’univers et ses vérités universelles nous obligeant à revoir le sens profond de ce théâtre de marionnette qu’est devenue l’humanité !

La peur, le carburant de la société

Par peur d’être différent nous sacrifions notre propre destiné au profit de la conformité. Nous sommes parfois prêts à nous lever chaque matin pour accomplir un travail qui est une ruine pour la planète, l’humanité et l’humain, ceci pour placer notre ego au sommet de l’échelle sociétale. Nous sommes prêts à consommer des aliments hautement toxiques et autres drogues pour se conformer à la communauté. Sous la pression des années qui passent et par peur de sortir des normes, nous pouvons aller jusqu’à nous marier et faire des enfants avec la première personne dont le physique et le compte en banque collent au mieux aux standards des agences marketing.

Et une fois que l’on a obtenu l’argent, les biens et l’illusion de l’amour, c’est encore la peur de les perdre qui nous guette.

Une chose dont nous n’avons pas peur cependant, c’est le MENSONGE !

A ce stade, la société a réussi son pari. Tout en douceur et sans jamais nous y contraindre. Nous nous sommes construits seul notre prison que nous renforçons chaque jour de biens matériels, de plaisirs superficiels ou d’expériences extrêmement abrutissantes comme passer 3h47min devant la télé !

Les œillères en place nous fonçons ainsi tête baissée jusqu’à la ligne d’arrivée lorsque dans un dernier souffle, nous prenons conscience que la vie est passée dans des futilités. Des futilités que nous n’emporterons pas avec nous mais pour lesquels nous avons vendu notre âme.

Bronnie Ware, infirmière qui a travaillé toute sa vie au contact des mourants, a établi une liste des plus grands regrets de ces derniers, parmi lesquels :

  • En première position : J’aurais aimé avoir le courage de vivre la vie que je voulais vraiment, pas celle que les autres attendaient de moi.
  • En deuxième position : J’aurais dû travailler moins.
  • En cinquième position : J’aurais aimé m’accorder un peu plus de bonheur.

Pour résumer, nous regrettons donc d’avoir eu peur. Cette peur qui nous mène à surestimer nos besoins.

Le maximalisme est une aberration

L’enfant durant les premiers instants de sa vie, toujours connecté à la source de la création, ne connait pas la peur. Durant ces années, la vie se suffit à elle-même, le bonheur est inconditionnel. Le stress généré par la société nous coupe de notre nature profonde et maintient l’humanité dans l’inconscience comme en atteste l’état de chaos vers lequel nous semblons nous diriger : l’économie devient incontrôlable et la nature en périe plus vite que jamais.

A l’échelle individuelle, les cas de cancers ont augmenté de près de 110% en 30 ans, les maladies cardiovasculaires dues à une mauvaise alimentation, à l’absence de sport, au tabagisme ou à l’alcool, sont la première cause de mortalité et l’on prévoit déjà une augmentation de 30% d’ici 2030, quant aux maladies mentales elles devraient monter sur la deuxième marche du podium d’ici 2020… Tout cela témoigne de la direction contre nature qu’a pris notre société mais surtout de l’absence de bonheur véritable.

Les lois de l’univers n’ont pas attendu que l’Homme débarque sur ce petit lopin de terre perdu au beau milieu de l’infini pour exister. En tant que création de l’univers et partie intégrante de la nature, nous avons le choix d’agir en adéquation avec ces lois dans chacune de nos décisions, tout comme nous avons le choix d’agir en adéquation avec les lois de la société créées de toute pièce par une minorité, dite « élite intellectuelle », pour servir leurs propres intérêts : leur égo surdimensionné, manifestation d’un état de conscience au stade zéro de l’évolution spirituelle.

Là où la nature a fait le choix de fonctionner en mode minimaliste, l’humanité « déconnectée » a fait le choix de fonctionner en mode maximaliste.

Aucun oiseau ne construit un nid plus grand que nécessaire pas plus qu’il ne stock de graisse plus qu’il n’en a besoin car cela engendrerait une plus grosse charge de travail et un besoin en nourriture accrue, c’est l’ensemble de l’écosystème qui serait déséquilibré.

Le seul animal qui n’a toujours pas compris ce principe de base, c’est l’homme. Lui se colle un crédit de 30 ans sur le dos pour impressionner le voisin, l’obligeant à se ruiner la santé au travail et à vivre une existence misérable. Il réitère avec la voiture et tout ce qui est susceptible de donner un sens profond à sa vie ! Si peu d’êtres humains oseraient remettre ce schéma en question, la nature elle, semble vouloir dire STOP à cette aberration.

La sécurité que nous offre la société est une illusion

Aujourd’hui je suis incapable de me projeter dans l’avenir, pas même à trois mois, et vous savez quoi ? C’est ce qui me rend heureux.

Je pourrais trouver un travail au Luxembourg, payé 2000 € par mois, éventuellement plus, mais cette simple idée me fait déprimer. Je l’ai pourtant fait en le vivant très bien. Qu’il neigeait ou que je sois malade j’étais là et à l’heure. Et si mon boss pouvait compter sur moi c’est parce qu’il avait fait preuve de la plus grande ouverture d’esprit en m’arrangeant les horaires pour que je puisse m’entraîner et n’était pas là à compter les minutes, tout comme je ne les comptais pas lorsqu’il s’agissait d’allonger la journée. C’était gagnant/gagnant mais cela tout le monde ne le comprend pas et beaucoup sont toujours dans leur petit rôle de patron qui ne cède rien à peser sur le moral de leurs employés avec des contraintes toujours plus lourdes qui n’ont aucun sens et qui sur la durée mènent au burnout.

Il me semble ardu de vivre dans l’instant présent lorsqu’on est en CDI avec des horaires et congés fixes et rigides et un inconscient qui nous empoisonne l’existence, autant qu’il me semble difficile d’aspirer au bonheur véritable sans vivre dans l’instant présent. 

La liberté du braquet ne date pas d’aujourd’hui, adolescent je rêvais déjà de révolutionner ces schémas qui me révoltaient. Je rêvais d’être à la tête d’une entreprise qui marcherait assez pour pouvoir embaucher, dans laquelle j’aurais créé une atmosphère des plus agréable et humaine comportant une salle de sport et de détente, offrant des cours de Yoga et de méditation. Une entreprise où les employés n’auraient ni horaires ni congés limitées, ni lieu de travail fixe, pouvant travailler de chez eux si bon leur semble. Les salaires seraient proportionnels aux bénéfices et équilibrés pour tous… Bref, j’avais là de quoi passer pour un doux rêveur illuminé. Seulement ce schéma voit aujourd’hui le jour aux Etats-Unis (et même en France à moindre mesure) tout en s’avérant être plus efficace que l’habituelle prison dans laquelle nous passons nos journées. Si j’aurais aimé faire partie des pionniers, cela me conforte dans l’idée qu’il ne peut y avoir plus grande utopie que celle que nous vivons actuellement.

Une chose est certaine, viendra l’heure où plus une seule personne dans ce monde ne tolérera cet esclavage, pas plus que nous ne l’avons toléré dans le passé sous une forme plus grossière encore. C’est d’ailleurs ce que nous commençons à voir aujourd’hui avec des taux de stress qui atteignent les limites du raisonnable, et de plus en plus de personnes qui tentent l’aventure du voyage au long cours si ce n’est la vie en autonomie en pleine nature. L’article Vivre en autonomie en France : une réalité publié par Travel Plugin en Janvier dernier a obtenu pas moins de 45000 « J’aime » sur Facebook et 230 commentaires des plus enthousiastes. Il y a là de quoi se poser sérieusement des questions quant à l’avenir de notre société qui est en décalage avec l’évolution des esprits.

Le rythme imposé par la société n’est plus soutenable pour la planète, la planète n’étant que le reflet de la conscience collective, il n’est avant tout plus soutenable pour notre esprit. Car l’esprit ne peut survivre que dans le calme et la « lenteur », passé quoi le mental entre en jeu avec son lot de tristesse et de stress engendrant la destruction de notre nature profonde sur un plan spirituel et la destruction de la nature sur un plan matériel.

L’esprit fonctionne comme un pilote de course. Vous avez beau être le meilleur pilote du monde avec la meilleur des voitures, si vous ne coupez pas les gaz dans l’épingle à cheveux, l’inertie vous éjectera dans le décors.

Le véritable prix de la sécurité ce n’est donc pas les différentes cotisations et les différents crédits mais bien souvent le sacrifice de l’éveil spirituel : le potentiel bonheur.

L’ultra matérialisme n’a plus sa place

La société est obnubilée par la matière ne laissant aucune place au spirituel. Pourtant la matière n’est que le fruit de cette conscience pure ou Dieu pour les intimes : la source créatrice et organisatrice du tout derrière laquelle il ne semble y avoir aucune cause !

Pendant que j’écris ces lignes, mon corps respire seul sans que je n’aie à lui donner un quelconque ordre. Il digère mon dernier repas, nourrissant et régénérant chacune de mes cellules. Il sait exactement quoi conserver, quoi jeter, où le transporter sans que mon intellect en ai la moindre idée. Il gère comme cela des milliers de taches à la seconde au-delà de tout ce que je peux imaginer. Si cela n’est pas parfaitement sublime rien ne l’est. Mais là est surtout la preuve que l’intelligence pure se trouve au-delà de la matière et du mental, et pourtant nous continuons à rechercher des explications mentales et sensibles aux mystères de la vie. Ce qui a pour effet, tout simplement, de la détruire.

« Dans la mesure où il est totalement relatif, votre point de vue ne peut être qualifié de réel. La réalité ne dépend pas d’un point de vue – elle est, tout simplement. Et la plupart des hommes repliés dans leur sphère individuelle, ne communique pas très souvent avec le réel. L’irréel est le domaine des sens ; le réel est celui du magicien. Pour entrevoir la véritable étoffe de la réalité il faut d’abord écarter le rideau de la mémoire » – Deepak Chopra.

Autrement dit, il faut cesser de penser avec son cerveau et laisser la place à l’esprit. Le cerveau est connecté à l’individu, il ne peut qu’engendrer un point de vue. L’esprit est connecté à la conscience universelle et mène tout droit à la VERITÉ ABSOLUE. Le cerveau est l’outil, l’esprit est le maître d’œuvre. Lorsque le cerveau devient pilote, il fait un massacre.

Le mental est centré sur le profit à court terme (à l’échelle d’une vie), c’est pourquoi il est prêt à raser des forêts, polluer les océans, construire des centrales nucléaires, vider les entrailles de la terre…

Le mental se plait à diviser et aime contrôler. C’est lui qui est le créateur des parties politiques par exemple, témoignage de la non connaissance de la nature humaine. L’esprit lui est unifié par nature c’est pourquoi il n’y a pas de parti parmi les éveillés, c’est pourquoi il mène à une seule et même vérité qui est la même pour tous car présente en chacun de nous en tant que, je le rappelle, création de l’univers et partie intégrante du tout. LA VÉRITÉ EST, TOUT SIMPLEMENT. Lorsque tous prétendent maîtriser la même science (politique) et que tous ont un point de vue différent, de toute évidence, LA VÉRITÉ EST AILLEURS, TOUT SIMPLEMENT.

Aujourd’hui la science quantique est en train de balayer bon nombre de principes que la science classique avait pris pour acquis au cours de ces derniers siècles en ne faisant que prouver scientifiquement ce que les sages ont dit il y a plusieurs milliers d’années, à savoir que l’univers est un seul est même TOUT interdépendant traversé par un champ d’énergie. Autrement dit, la science quantique prouve que la « science spirituelle » à plusieurs milliers d’années d’avance sur la « science matérielle » et la société continue à se borner à penser que seule la science pure et dure et en mesure de mener à la vérité.

Notons également que prouver scientifiquement ce que les sages ont dit il y a plusieurs milliers d’années ne signifie en aucun cas parvenir à Vivre à ce très haut niveau de conscience. Entre la compréhension intellectuelle et superficielle d’un problème et le ressenti profond de l’esprit se trouve un véritable gouffre. La compréhension intellectuelle se sont par exemple les bonnes résolutions de début d’année – faire du sport, arrêter de fumer,  être optimiste… La compréhension profonde de l’esprit c’est lorsque faire du sport, ne pas fumer et être optimiste deviennent des habitudes naturelles et automatiques n’entraînant plus la sensation de contrainte. La science quantique comprend intellectuellement qu’il va être possible à terme d’exploiter l’énergie libre et gratuite du champ du point zéro, or certains sages ont une compréhension si profonde de l’univers qu’ils parviennent à maîtriser la lévitation et donc à exploiter cette énergie par la simple puissance de l’esprit.

Dans un monde matériel et non éveillé, bien évidemment que la science est nécessaire. Le problème c’est qu’elle contrôle l’esprit et c’est la raison pour laquelle malgré l’évolution de la technologie elle a à l’heure d’aujourd’hui mené à la ruine de la planète et des hommes qui continuent à se faire la guerre pour des broutilles.

Nous sommes en mesure d’aller dans l’espace, de construire des avions, des centrales nucléaires, des téléphones intelligents et autres formalités… Mais la seule et unique question à se poser, c’est est-ce que cela nous a mené au bonheur ? Est-ce que nos enfants « hightechisés » sont plus heureux que l’enfant Cambodgien vivant au milieu de la jungle sans même une pelle en plastique pour s’amuser ?  La réponse est de toute évidence non.

Bouddha aurait vécu 80 ans, idem pour Platon, je ne vais pas aller rechercher tous les grands noms mais les sages indiens décomposaient la vie en quatre phases allant de 0 à 100 ans laissant penser qu’il était courant d’arriver à un âge très avancé… Nous sommes nombreux à ne pas aller les chercher les 80 balais aujourd’hui malgré les bricolages de la science pour nous maintenir en vie alors ouvrons les yeux et allons chercher la vérité là où elle est : dans les profondeurs de l’esprit.

Entre l’écriture et la publication de cet article j’ai découvert le livre Le champ de la cohérence universelle de Lynne McTaggart que j’ai tenu à lire comme pour me conforter dans mes idées. Je ne peux que vous conseiller d’en faire autant, sans quoi ce chapitre serait interminable si je devais citer des études. Il est néanmoins préférable et même indispensable de lire en premier lieu Le corps quantique de Deepak Chopra qui dispose de la double casquette science/spiritualité et qui met d’avantage en relation les découvertes scientifiques dernier cri aux découvertes spirituelles premier cri !

Le mental est dénué d’amour véritable

Reprenons et finissons-en avec le mental qui aimant la confrontation et le pouvoir est par conséquent dénué d’Amour véritable. Nous parlons bien de chercher et de trouver l’amour ? Ce qui signifie qu’il est caché quelque part à l’extérieur et destiné à combler un vide intérieur n’est-ce pas ? Si l’on accepte ce postulat, l’Homme « déconnecté » ne fait donc pas la différence entre l’égoïsme pur et l’Amour, qui est un don et certainement pas un manque. Nous ne pouvons donner ce qui nous manque.

Et en l’absence d’Amour véritable, il s’avère que la planète a dégusté sévère ! On a pris beaucoup, mais on a peu donné, et lorsque l’énergie ne circule pas celui qui donne s’épuise, en l’occurrence la planète.

Mais que sommes-nous à la base si ce n’est l’Amour ? Il ne me semble pas que l’enfant fraîchement arrivé sur notre chère et tendre planète se mette à la recherche de l’Amour, au contraire il comble ses parents d’Amour, eux qui ont passé leur vie post enfance à le chercher. Mais là encore l’énergie ne circule pas et l’enfant ne tarde pas de ce fait et de plus en plus tôt à sombrer dans les tourments de l’adolescence, se retrouvant brutalement déconnecté de sa nature profonde.

Et le formatage est si fort et l’ego si costaud que l’humain va jusque à penser qu’il est seul dans l’univers. Une minuscule boule de 12 742 Km de diamètre qui regorge littéralement de vie et autour, l’infini néant. Il semblerait que nous ne comprenons pas ce que signifie « infini » mais nous avons beaucoup d’humour (à défaut d’amour). C’est peut-être pour cela que  nous massacrons la planète. Lorsque les parents partent les ados retournent la baraque. Nous croyant seul, nous prenons donc quelques libertés. Tout s’explique…

L’humanité vit sa crise d’adolescence

Si nous quittons, pour la plupart, l’enfance assez facilement, très peu d’entre nous quittons l’adolescence définitivement. L’adolescence est la naissance de l’ego, la période où nous recherchons le rôle que nous allons jouer dans la société. La phase adulte quant à elle consiste à se détacher mentalement de ce rôle. Or nous pouvons constater que la perte d’un travail ou d’un conjoint entraîne quasi systématiquement la perte de l’identité et le mal-être qui en découle. Seul l’ego craint la perte, l’esprit ne s’en préoccupe pas car il sait que le monde continuera de tourner avec ou sans lui.  L’ego souhaite son propre bonheur, l’esprit veut le bonheur des autres qui est bien sûr lié au sien. C’est pourquoi si nous travaillons pour alimenter notre ego, quoi que nous fassions sur la forme, sur le fond nous ne participons pas au bien être de l’humanité car l’égoïsme est une énergie négative qui nous tire vers le bas.

Le problème étant que la société nous a appris qu’il fallait se démener pour s’en sortir en créant une atmosphère des plus compétitive et contre-productive où l’autre est un trophée de chasse et où l’ego est mis au premier plan. Là où elle aurait du nous apprendre que l’humanité est une équipe qui avance dans la même direction.

L’adolescence est un changement d’état brusque qui cause de fortes perturbations, puis cet état se stabilise nous donnant l’illusion que nous sommes devenus adulte. Ce n’est qu’une illusion. Tant que notre vie est contrôlée par notre ego, nous restons bel et bien adolescent comme les faits en attestent au quotidien. Nous avons une société plus que jamais ultra matérialiste tel l’ado qui recherche son identité par les apparences ; une société plus que jamais destructrice envers la nature et donc elle-même, tel l’ado qui se détruit par l’alcool et la drogue ; une société plus que jamais violente et agressive tel l’ado qui cherche à se faire entendre par la force ; une société toujours inconsciente tel l’ado qui ne prend de recul sur aucun de ses faits et gestes.

Et le mal-être des vieux (voyez en « les vieux » autant de sympathie qu’en « les jeunes ») dans nos sociétés est directement lié à cela. La sagesse ne nous tombe pas tout cuit dans le bec sous prétexte que l’on a 60 ans et que l’on a traversé la vie. Si nous avons passé cette vie à jouer un rôle et à alimenter notre ego, je doute qu’il reste grand chose de la personne véritable arrivé à 60 ans. Ce qui cause la souffrance du à la solitude, ce n’est pas le fait d’être déconnecté des autres mais le fait d’être déconnecté de soi-même. Il est facile de combler le vide intérieur par la présence des autres lorsque nous sommes dans la vie active mais viendra l’heure où nous nous retrouverons face à nous-même et c’est là que la vérité fera mal, telle qu’elle semble faire mal aujourd’hui en France.

Le rôle des vieux est d’apporter stabilité et sérénité à la société. La technologie évolue beaucoup trop vite aujourd’hui, les jeunes n’ont aucunement besoin de l’expérience des vieux sur un plan purement matériel, mais en ont grandement besoin sur un plan purement spirituelle. Or si ces vieux n’ont pas fait ce travail intérieur en temps et en heure il ne faut pas s’étonner que la jeunesse parte dans tous les sens. Lorsqu’on voit des politiques se chamailler dans une lutte de pouvoir continuelle il ne faut franchement pas s’étonner de voir la jeunesse en faire de même, à leur manière.

Et si cette jeunesse n’en prend pas conscience elle sera à son tour entreposée dans des maisons de retraite en attendant la fin et la crise de la vieillesse ne sera toujours pas réglée dans cinquante ans.

Se déconnecter de la société  pour se reconnecter à la réalité

Nous arrivons au monde avec un destin à accomplir et la première étape consiste à survivre à notre éducation ! Quels sont les parents qui ne nourrissent pas l’espoir de voir leurs enfants accomplir leurs propres rêves, qui n’ont pas tenté consciemment ou inconsciemment (ne serait-ce que par des habitudes de vie ou passions trop envahissantes) d’influencer le destin de leurs enfants ? Ou au contraire qui, dépassés par les événements, ont remis l’intégralité de l’éducation de leurs enfants à la société ?

La très large majorité n’est-ce pas ?

Qui, faute de bases spirituelles solides, ne s’est pas laissé entraîner dans les bas-fonds de l’inconscience par les désirs matériels destinés à alimenter l’ego ?

Qui, dans un élan de conscience, ne s’est pas senti déconnecté de sa nature profonde sous le poids de ces/ses mensonges ?

On a alors le sentiment d’avoir péri au combat, que notre âme s’est éteinte sous ces couches successives de mensonges,  que notre corps n’est plus qu’une coquille vide sans ancre ni gouvernail se laissant ballotter par les courants de la société.

Les personnes vraies, profondes et authentiques ne courent manifestement pas les rues. Ceux-là ne sont plus l’esclave de leur ego, sont insensibles aux jugements des autres et osent vivre leur vie en adéquation avec leur nature profonde, ce qui leur confère un certain calme et apaisement malgré l’insécurité apparente de leurs choix, et les mène sur le chemin du bonheur.

Le voyage est un moyen de passer ce cap et de revenir à cette sage innocence dont la nature nous a fait grâce à la naissance.

Le voyage – au long cours bien sûr – nous permet ou nous donne l’opportunité en quittant le moule de la société, de reprendre le contrôle de notre esprit.

Pour revenir sur la métaphore faite dans le livre, la société est à l’homme ce que le tuteur est à l’arbre. L’arbre qui croit en prise avec le vent sera beaucoup plus fort et probablement plus artistique. De la même manière l’esprit qui a su s’élever au-delà du moule très étroit de la société et de l’ego, est libre de s’éveiller à l’infini.

Je n’ai pas dans l’intention de passer ma vie sur la route, encore moins de fuir la société sans quoi je ne perdrais pas mon temps à écrire ce genre d’article, mais je crois que chacun devrait s’accorder le temps de prendre du recul sur la vie telle qu’elle nous est imposée. Pour soi et pour l’humanité qui en a grandement besoin. Cela est bien sûr possible en restant chez soi, mais il n’en reste pas moins que le corps facilite le travail de l’esprit lorsque les deux avancent dans la même direction telle que c’est le cas en voyage.

Arrêtons de remettre notre destin entre les mains d’une minorité et prenons nos responsabilités

Nous passons notre vie à chercher. « Quand j’aurais tant d’argent sur mon compte je ne serais plus stressé », « Lorsque j’aurais trouvé l’amour je serais enfin heureux »… Cette vision de la vie repousse sans cesse le bonheur au lendemain et le rend inaccessible, ou dans le meilleur des cas, parfaitement illusoire (rappelez-vous les regrets des mourants en début d’article).

Lorsque nous cessons de chercher, nous contentant de vivre l’instant présent, laissant à la vie le droit s’écouler, alors l’ego et le mental se volatilisent, laissant l’esprit se reconnecter à la source du bonheur. Cette expérience nous l’expérimentons (en principe) après quelques semaines ou mois de voyage seulement. C’est ce qui rend le voyage extrêmement jouissif et le retour extrêmement déprimant.

Là où nous devrions accorder la plus grande importance à la croissance de l’esprit et le plus grand amusement à la croissance matérielle, nous faisons tout à fait l’inverse, et c’est pourquoi l’atmosphère est lourde et pesante. C’est pourquoi l’économie, la nature et l’humain s’éteignent sous la lourdeur de la matière. Vous rendez-vous compte que nous faisons la guerre pour de simples causes matérielles ? Pire, des enfants se font littéralement massacrer sous nos yeux et nous ne bougeons pas le petit doigt pour la seule et unique raison qu’il n’y a aucun enjeu économique derrière. Rien, absolument rien ne justifie que des enfants meurent sous les bombes d’adultes inconscients. Les théories politiques et économiques sont là pour nous endormir l’esprit, ça n’a aucune valeur en soi, d’aucune sorte, ce n’est que pure invention humaine. L’univers se fou royalement de ce cinéma. Allez donc sur une île déserte et vous constaterez que ça n’a plus aucun sens, cependant les théories spirituelles conserveront le leur. C’est la différence entre la vérité absolue et la vérité de circonstance qui n’est que mensonge.

Changer de parti politique, changer l’économie du monde, changer la rotation de la planète ou ce que l’on veut sur un plan matériel reste de l’ordre de l’extrêmement SUPERFICIEL si nous ne changeons pas profondément notre vison de la VIE.

Le pilote, l’esprit, DOIT reprendre le contrôle du véhicule, le corps, son mental et ses sens. La personne doit tuer le personnage. L’Humain doit être la priorité au détriment de l’économie s’il le faut. 

C’est trop facile de s’intéresser à la politique pour faire semblant de se soucier de l’avenir de l’humanité mais si nous nous soucions réellement à l’avenir de l’humanité, le travail, il faut avoir le courage de le faire sur soi sans plus tarder, dans la plus grande exigence et sans jamais attendre la moindre reconnaissance de cette société qui a lâchement remis son destin entre les mains d’une poignée d’individus. La vérité c’est que la solution est intégralement entre les mains du peuple, si chacun reprenait le contrôle de sa vie, n’attendant plus que sa condition soit améliorée par d’autres mais prenant ses responsabilités et œuvrant au quotidien à son éveil et par conséquent à celui de l’humanité, le monde connaîtrait une révolution en un claquement de doigt par cette simple prise de conscience. Si la souffrance persiste sur cette planète c’est parce que la très large majorité des gens l’acceptent et l’approuvent, quels que soient les mensonges de l’ego pour se donner bonne conscience, sans quoi elle cesserait instantanément.

 

                                                               Bertrand Scaramal

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