"Le patient, c'est vous demain"

"Comment osez-vous penser une seule seconde à raccourcir notre temps de travail quotidien et à supprimer nos jours de congés si précieux pour nous ressourcer ? N'avez vous donc jamais mis les pieds plus d'une heure ou deux dans un service hospitalier ?" s'indigne t-elle. "Aujourd'hui, les services hospitaliers sont au mieux en surchauffe, au pire en crise" poursuit Clémentine, qui après trois ans en service de réanimation a fait un burn-out. Elle explique ne pas s'être remis du décès d'une patiente de 60 ans. Faute de temps, elle n'avait à l'époque pas eu le temps de la rassurer. Celle-ci est décédée quelques jours plus tard d'un arrêt cardiaque "de stress". "Et si cette femme avait été votre mère ?" lance l'infirmière au directeur.

"Vous voulez réaliser des économies sur notre dos ? Ce n'est ni éthique, ni moral. (…) Nous prenons soin de vos grands-mères atteintes de Parkinson ou d'Alzheimer, de vos oncles atteints de leucémie, de vos enfants atteints de drépanocytose" poursuit-elle, précisant que le premier à pâtir du projet sera le patient. "Le patient c'est vous demain, l'un de vos proches, votre bien aimé, vos enfants" explique Clémentine. Car la qualité des soins passe d'abord par le temps, pour pouvoir offrir un accueil correct et une bonne évaluation clinique.

 lettre ouverte d'une infirmiére adressée à Martin Hirsch
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